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Martine Borrelly, maître chef sushi.
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Martine Borrelly, maître chef sushi
Nathalie Gilbert
Il y en a qui ferait des bassesses pour se faire inviter à souper chez
Martine Borrelly. C'est que cette résidante de Saint-Hubert est l'une
des trois seules femmes au monde à pouvoir revendiquer le titre de
maître chef sushi. Les deux autres sont originaires du Viêt-Nam et des
États-Unis. Et du côté des messieurs, on n'en retrouve que douze à
porter cette prestigieuse dénomination.
Mme
Borrelly a mis une bonne quinzaine d'années d'études, de nombreux
voyages et beaucoup de détermination avant d'acquérir ce statut. "Rien
que pour devenir chef sushi, on parle de cinq à huit années d'études.
Il y a tant de choses à maîtriser", explique celle qui a roulé sa bosse
un peu partout dans le monde comme chef cuisinière.
C'est alors
qu'elle travaillait à Amsterdam qu'elle est littéralement tombée en
amour avec le sushi. "J'ai participé à une sortie dans un sushi bar et,
du haut de mes cinq pieds et onze pouces, je suis littéralement tombée
amoureuse du chef sushi. Un amour professionnel, s'entend. J'ai été
fascinée par les bouchées, par les gestes du chef. J'ai immédiatement
voulu apprendre."
Ce qui n'a pas été de tout repos. "Il faut
savoir que la profession de chef sushi est interdite aux femmes au
Japon. Mais j'ai tellement harcelé le maître qui m'a enseigné que j'ai
réussi à aller chercher ce que je voulais. La profession de chef
cuisiner est très fermée pour les femmes mais c'est encore plus
difficile pour les chefs sushi."
Qu'y a-t-il de si sorcier dans
la confection des sushis qu'il faille quasiment y consacrer une vie
d'apprentissage? "Le sushi, c'est beaucoup de technique, mais c'est
avant tout un art. Tout est capital. Même la façon dont on coupe le
poisson a une influence sur le goût. Il faut de la pratique, de la
patience, une attention aux détails, un souci de la tradition, etc."
Installée
au Québec depuis neuf ans, Mme Borrelly a enseigné pendant quatre
années à l'Académie culinaire de Montréal avant de se lancer dans un
service de traiteur sushi baptisé Sushi-etc. Depuis le mois dernier,
elle offre des cours de sushi dans sa résidence de Saint-Hubert. "Il
s'agit de deux cours de sept heures en tout. Personne ne va s'ouvrir un
restaurant après ça, mais au moins, avec un minimum d'habileté, les
gens pourront se faire eux-mêmes du sushi à la maison."
Selon
Mme Borrelly, la popularité du sushi en particulier et de la cuisine
asiatique en général n'est pas à la veille de tomber. "Les gens
courent, mais ils sont de plus en plus soucieux de leur alimentation et
de leur bien-être physique. La cuisine asiatique répond à cette
préoccupation", croit celle qui, entre son service de traiteur à
domicile, ses cours à la maison et en entreprise, espère un jour
publier un livre sur la cuisine au wok en moins de trente minutes.
Pour en savoir plus, www.sushi-etc.com ou 514.572.9768.
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